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SCHOOVAERTS Philippe

Diegem

Publié: mardi 8 avril 2003, par Philippe Schoovaerts

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Nationalité : Belge

Ster : Où et quand commenças-tu à jouer de la musique ?

J’ai commencé la musique à l’académie d’Evere (dans les caves, sous notre actuelle salle de répétition en ce qui concerne la batterie). J’avais plus ou moins 7ans et demi et j’avais été pistonné par papa qui, à l’époque enseignait dans cette même école. (Eh oui… il fallait en principe avoir 8 ans pour commencer l’académie).

Ster : Pourquoi et comment avoir choisi la batterie ?

Pas la moindre idée... je pense être né avec des baguettes dans les mains. D’aussi loin que je puisse me souvenir, dès que j’ai su marcher, je courais autour de la table de la salle à manger avec un tonneau de poudre à lessiver autour du cou et des cuillères de cuisine en bois dans les mains, en usant les LP de marches militaires de papa. Plus tard, ce fut le 1er LP de Phil Collins vers 8 ans (hello I must be going) et moi l’imitant, la musique du casque à fond dans les oreilles et assis derrière ma batterie. (à casser la tête des voisins et des parents).

Ster : Joues-tu également d’un autre instrument ?

Non, mais cela m’aurait peut-être aidé à lire mes notes. Vu que je ne joue que du rythme et que mes partitions ne possèdent pas de clé. Je ne fus jamais réellement doué pour le solfège vu que mon rythme me suffisait et que le reste n’avait dans mon cas que peu d’importance. Le reste c’est le cœur et la passion qui jouent. Et l’avantage étant que le batteur joue seul sa partition, par conséquent il n’est pas forcément obligé de la respecter.

Ster : N’as-tu jamais envisagé de devenir musicien professionnel ?

En rêve sûrement… mais pas en réalité. Mais proposez-moi de faire la tournée de Genesis comme batteur parce que Chester Thomson s’est cassé un poignet et 2 jambes et je suis parti pour un an en tournée sur le champ. Sans hésitation... Avec l’aimable autorisation de ma petite femme bien sur.

Ster : Quelle est ton activité professionnelle ?

Je suis gérant en formation pour le groupe Colruyt.

Ster : Depuis quand joues tu chez nous, et comment es-tu arrivé chez nous ?

Le comment n’est pas une question vu que papa était chef . Et quand ? Je pense vers les 9 ans (1983 ???) au mois d’août lors d’une répétition j’ai pu m’essayer à la grosse caisse à côté de Roger Verhaeren (notre flûtiste de l’époque et grosse caisse par intérim lors des vacances) et ensuite je suis passé à la caisse claire avec Robert Van Assche et à la batterie plus tard. Cela fait donc un bail. Moi qui déteste vieillir, je remercie ma maman de me poser de telles questions.

Ster : Est-ce facile d’être le fils du chef ?

Etant plus petit, pas toujours mais maintenant je suis plus grand que lui. Et vu que suis bon (et modeste, ajoute la rédaction…) il n’a pas grand-chose à me dire. Mais il ne sait pas s’empêcher de scier dès que je manque une répétition. Et çà cela n’a pas changé depuis les années.

Ster : Comment vis-tu le stress que dégage notre chef durant les dernières répétitions avant un grand concert ou le concert de fin d’année ?

Depuis les années je le connais et je sais comment il fonctionne. Et on en rigole derrière son dos avec maman, Laurent et Valérie. On sait comment il réagit, comment il s’énerve puis aussi comment le calmer.
C’est une grosse pression sur ses épaules. C’est pour cela que nous mettons toujours la batterie à l’avant de la scène pour les grands concerts. Cela me permet de tenir l’orchestre avec lui et de le soutenir. Après les années sous sa direction, on se connaît par cœur et un coup d’œil suffit pour retenir ou accélérer l’orchestre. Si je bouge en tempo ou me plante, tout l’orchestre risque de bouger ou de se planter avec moi.
Mais c’est mon rôle en tant que batteur, vu que je ne peux compter que sur moi, si je ne frappe pas la peau ou que le coup ne sort pas…ce n’est pas mon voisin de pupitre qui le sortira à ma place vu que je suis seul à le donner. C’est ça qui est passionnant.

Ster : As-tu des concerts qui te plaisent plus que d’autres ?

Du moment qu’ils sont bons en général ça me va. Mais je ne suis pas fan des concerts sur kiosque rond au milieu d’une braderie avec son exécrable. J’adore accompagner des chanteurs (pas trop classiques, faut que ça pêche ou que cela me donne des frissons) les concerts de la grand place pour l’amplification qui fait résonner ma batterie sur toute la grand place. Les concerts de fin d’année, bien que les grands concerts me donnent à chaque fois un coup de cafard du genre …tant de boulot, de préparation et c’est déjà fini, on peu démonter. Cela pourrait pour moi ne jamais s’arrêter.

Ster : Joues-tu également dans un autre groupe ?

Il y à quelques années j’ai joué 4 ans dans un groupe de blues avec lequel nous avons joué un peu partout en Flandre. (entre autres la dernière année avec Willy Janssens au baryton ).
Mais trop c’était trop et puis arrivent les enfants, le changement de boulot les nuits blanches etc… Mais un jour peut-être ???

Ster : Quel style de musique écoutes-tu ou joues-tu de préférence ?

De tout dès le moment ou elle me touche. Les paroles m’importent peu, c’est la mélodie, les voix, les sonorités qui comptent. J’aime les enregistrements live, les sections de cuivres, les solos de guitare qui déchirent et qui font se dresser les cheveux (dans mon cas les poils). Mais j’ai des cd de jazz pour les big-band… du hard rock comme Gun’s & Roses… Nirvana…de la salsa…du classique…Michel Legrand…Alanis Morissette… Sting… etc…etc…. et naturellement Genesis et Phil Collins .

Ster : Tu as deux fils ? Vont-il suivre les traces de leur père en musique ?

Matthias à commencé cette année le violoncelle pour jouer plus tard de la contre basse et Lucas dit toujours qu’il veut piquer ma place. Nous verrons bien. Si la musique leur procure autant de plaisir qu’à moi, c’est tout le bonheur que je leur souhaite.

Ster : As-tu d’autres hobbies ?

Je suis un grand passionné de vin. Surtout français car ils restent les plus grands de par leur culture du vin et leur terroir. Un vin peut me donner autant de frissons et d’étoiles dans les yeux que la musique. Quel bonheur quand on déguste un Cheval blanc 1975 ou un Vieux Château Certan de 1959, et de se dire que les gens qui ont mis leur amour et leur travail dans ces bouteilles ne sont peut être plus de ce monde ou déjà bien âgés. Alors que ce vin est toujours bien vivant et nous procure encore autant d’émotions après ces années. Ces gens vivent toujours quelque part à travers cette bouteille et ce n’est que du bonheur. Et le vin c’est échanger, discuter, rencontrer des gens… Finalement un rôle social comme la musique.

Ster : Quel message voudrais-tu passer aux jeunes musiciens de l’orchestre ?

La musique c’est du boulot et il y a des contraintes, écoutez les conseils du chef… mais faites-vous plaisir, n’ayez pas peur de souffler, laissez vous aller et profitez en un maximum… ce ne sera que du bonheur.

Ce n’est pas facile d’interviewer son propre fils. Tu as grandi dans l’harmonie, tu fais partie des meubles comme on dit ce n’est pas toujours un avantage j’en suis bien consciente. Il est vrai que le chef scie quand tu n’es pas là mais je sais qu’il est très fier de toi. De tout cœur nous te remercions pour ce que tu fais pour l’harmonie tant au point de vue musical qu’au point de vue « cuistot » lors des journées restaurant. Nous te souhaitons également beaucoup de succès dans ta carrière professionnelle. Encore MERCI pour tout.

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